
"L'affaire" UMMO
Alerte aux "envahisseurs"
Attention! Selon des informations controlées par des scientifiques,
des extraterrestres se seraient infiltrés sur Terre depuis plusieurs
dizaines d'années. Des « envahisseurs » parmi nous? Comme à la télé? Des vrais? Oui, des vrais... pour ceux qui y croient... |
Les "contactés"
Les "contactés", ce sont des gens qui prétendent avoir été en contact avec des extraterrestres. Contact télépathique, ou direct, voire physique (aaahh..., l'amour avec une vénusienne!). En général ils ont recu de leurs initiateurs un enseignement philosophique, et des messages d'avertissement, mettant en garde l'humanité contre l'holocauste nucléaire
Néanmoins si on admet que des extraterrestres, très en avance sur nous comme il se doit, font un aussi long voyage pour venir instruire l'humanité de façon totalement désintéressée, alors il faut admettre aussi leur absence bizarre de jugement: ils n'ont jamais initié que des charlatans ou des illuminés. Il faut dire aussi que leurs engins étaient trop bien camouflés en
ustensiles ménagers ou autre quincaillerie, soucoupes, ou enjoliveurs. Un
initiateur extraterrestre sortant d'un réverbère, c'est à peu près aussi
crédible qu'un évèque sortant d'un moulin-légumes Bref. ni la science, ni les gouvernements ne leur ont jamais prétè la moindre attention. Le bide! |
Il fallait donc trouver autre chose.
D'abord, il ne fallait pas rééditer
l'erreur d'Adamski, qui avait situé l'origine des ses initiateurs, sous les
épais nuages de Vénus. Il n'avait pas deviné que des V2, on passerait en une
dizaine d'années aux fusées interplanétaires, et que le 14 décembre 1962,
Mariner 2 révelerait que la température de Vénus était supérieure à 400° C. Dur,
dur. Il mourut trois ans plus tard
Il fallait donc faire venir les E.T. d'une planète où les Terriens ne
risquent pas de mettre leur nez. Justement, l'idée de planètes
extra-solaires commençait à prendre corps. Des astronomes travaillaient à
déceler de telles planètes par les perturbations qu'elles créent dans le
mouvement propre de leurs étoiles. En 1958, Aimé Michel rappelait dans
"Science & Vie", que d'après les travaux de Holmberg, une grosse
planète orbitait autour d'alpha du centaure |
Le Baal-Contrat
Le 16 mars 1964, l'écrivain Robert Charroux reçut une étrange
missive:
Monsieur,
Ce que je vous écrit n'est pas un
conte merveilleux, et pas davantage un récit de science-fiction...
vaïdorge
baavienne |
C'est ainsi qu'en 1964, il révéla dans "Le Livre des secrets trahis" qu'il
avait reçu de mystérieux documents d'un certain M. N. Y., sollicité par des
êtres originaires de la planète Bâavi. Cette planète, 1,5 fois plus grosse que
la Terre, tournerait en 311 jours de 27 h 12 mn 57,6 s autour de Proxima du
Centaure, alias Bâalki (1).
M. N. Y. ou Emen Ys possédait une abondante
documentation. Elle décrivait la civilisation bâavienne, son langage, son
système métrique, la technique de leurs soucoupes volantes (les vaïdorges) et
divers concepts de physique, chimie, astronomie, etc.
Les Bâaviens avaient
une base secrète sur Terre et de nombreux correspondants dans différents pays.
Ils nous surveillaient et paraissaient très inquiets de notre course à
l'armement nucléaire.
Les vaïdorges avaient une cabine centrale, sans siège
ni couchette, et une structure torique. Elles n'avaient pas vraiment de
propulseur, mais utilisaient l'antigravitation et le basculement dans un univers
de temps négatif. Des ingénieurs avertis y uraient découvert des idées géniales,
mais aussi des impossibilités manifestes.
La civilisation bâavienne était
tout entière concentrée dans une métropole. ta cellule familiale n'y existait
plus et les enfants y était élevés selon une méthode qui rappelait Le meilleur
des mondes de A. Huxley.
Nous y voilà ! Bâavi ressemble trop aux cités utopiques qui abondent dans
l'imaginaire terrien. Elles sont caractérisées par l'unicité des concepts. Un
seul principe de gouvernement, un seul état, un seul peuple, ein Volk, ein
Reich, ein Führer... Celui qui a conçu cette planète utopique a sa place dans la
galerie des excentriques et autres fous littéraires, capables de passer leur vie
à recréer la description d'un autre monde.
L'initiation aux mystères de
Baavi, a finalement produit une petite secte: le Baal-Contrat
Les "ummites" entrent en scène
L'affaire Ummo est de la même veine.
A en croire deux lettres ultérieures,
des scientifiques auraient reçus à partir de 1955 des lettres de présentation
expédiés par les "ummites". (des scientifiques qu'on n'a pas retrouvé, mais
c'est une constante dans ce dossier). ( lettre NR6 et lettre D21)
Il ne semble
pas qu'elles aient été prises au sérieux. Dame! Allez raconter à un scientifique
que vous ètes un extraterrestre en villégiature sur Terre, et que UMMO, votre
planète se trouve à 3.68 années lumière de la Terre, il y accordera le même
intérèt que si vous prétendiez avoir trouvé la pierre philosophale ou réalisé le
mouvement perpétuel. Mise à la corbeille immédiate.
Fernando Sesma
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Il fallait donc trouver des correspondants plus "ouverts" (entendez, plus
naïfs)
Justement, en cette année 1965, on parlait de plus en plus à Madrid,
d'un certain professeur Fernando Sesma Manzano, président de la société des
«amis des visiteurs de l'espace ».
Mieux, il venait de publier "Moi, le
confident des hommes de l'espace" (2). Il y racontait ses conversations
télépathiques ou téléphoniques avec les "extraterrestres", sans sembler éprouver
le moindre doute. Voila l'homme qu'il fallait. Lui ne jetterait pas les lettres
au panier!
Le 16 janvier 1966 Fernando Sesma Manzano reçut une étrange missive
Monsieur,
Nous sommes conscient de l'importance de ce que nous
allons vous dire. Nous sommes sûrs qu'une affirmation de cette nature n'est
d'habitude formulée que par un farceur...
![]() Pas très ressemblant
l'ummite |
C'est ainsi qu'en 1967, il révéla dans "Ummo une autre planéte habitée" (3),
qu'il avait reçu de mystérieuses lettres rédigées par des êtres originaires de
la planète Ummo. Cette planète, 1,5 fois plus grosse que la Terre, tournerait en
180 jours de 30 h 55 mn autour de Wolf 424, alias lumma.
Sesma possédait une
abondante documentation; elle décrivait la civilisation ummite, son langage, son
système métrique, etc, etc.
(Voir plus haut, en remplaçant vaïdorge par
oawoolea uewa, et antigravitation par iduuwii ayii).
A la différence des
Bâaviens, les "ummites" n'étaient pas quasi-immortels et ne prétendaient pas
avoir colonisé la Terre il y a 10000 ans.
On remarque néanmoins une profonde
similitude (dans les deux cas les auteurs situent leur planète autour de
l'étoile la plus proche qu'ils connaissent), et une légère antériorité de la
légende des baaviens, sur celle des ummites. Il est donc bien possible que
l'inventeur des ummites n'ai rien inventé du tout et n'au fait que recopier des
données récentes et peu connues (c'est encore une constante de ce dossier)
D'après les "ummites", s'ils avaient choisi d'entrer en contact avec l'éminent professeur Sesma, c'est qu'il avait prouvé dans ses publications qu'il était réellement expert ès civilisations cosmiques. (en écrivant cela, ils devaient avoir du mal à ne pas rire)
Seulement voilà, l'éminent professeur était tellement connu outre-Terre qu'il y avait de l'embouteillage sur sa ligne. Et comme il ne faisait aucune discrimination, les "ummites" se désolaient de le voir mélanger leur précieux enseignement avec des élucubrations spiritualistes. Ils ne lui envoyèrent pas dire.Les "ummites" changent de correspondant
San José
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Le 30 mai 1967, Sesma reçut une lettre annonçant trois arrivées de vaisseaux
ummites entre le 30 mai et le 3 juin, L'un d'eux devait se poser aux environs de
Madrid (lettre D60 ). Les
amis des visiteurs de l'espace guettèrent avec la fièvre que l'on devine. Ils ne
virent rien.
Mais le 2 juin, le journal "Informaciones" annonçait
l'observation sen-sa-tion-nelle d'une soucoupe volante à San José de Valderas,
en banlieue de Madrid. Non seulement on l'avait photographié, mais elle avait
laissé des traces!
Or l'année précédente, le 6 février 1966, une soucoupe
identique avait atterri à Aluche près de Madrid, en laissant d'importantes
traces. Le témoin principal, José Luis Jordan Peña, un homme intelligent et
"ouvert", avait vraiment été très coopératif: Il avait aidé à l'enquète. Les
ufologues étaient comblés. Ils rappliquèrent dare-dare.
Rafael Farriols, un chef d'entreprise de Barcelone, apprit l'information par
la radio. Il se rendit aussitot sur les lieux, et y trouva Enrique Villagrasa
qui, faisant déja partie des auditeurs de Sesma, connaissait l'annonce de
l'arrivée des "ummites"
Intéressé à fond par cette affaire, il chercha à
racheter la documentation de Sesma, prèt à y mettre le prix (il en avait les
moyens). A sa surprise, Sesma lui céda une pleine valise de documents pour une
somme modique. Il ne s'intéressait plus aux "ummites", trop matérialistes, et
préférait discuter philosophie avec les habitants de la planète Auco
L'arrivée
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Quant à Enrique Villagrasa, son assiduité à la société des «amis des
visiteurs de l'espace » (et son titre d'ingénieur) lui avait déja valu d'ètre
parmi les heureux récipiendaires des plus intéressants - ou les plus
rocambolesques - documents sur le monde "ummite"
En particulier, il venait de
recevoir cette année là, cinq lettres, où les ummites racontait en long, en
large, et en travers, comment ils avaient découvert l'existence de notre
civilisation, comment ils avaient exploré notre système solaire, et comment ils
avaient atterri pour la première fois sur Terre
On comprends que ces lettres mystérieuses suscitaient l'intérèt des
ufologues. Des copies circulaient. Ignacio Damaude, ufologue de Séville, s'en
fit l'archiviste. Le dr Aguirre fit des transcriptions et des photocopies. Ceci
ne faisait pas l'affaire des Ummites qui craignaient de voir leur prose arriver
entre des mains trop savantes. Pour avoir trop communiqué de copies, Antonio
Ribera fut bientôt exclu du cercle des récipiendaires. Etrange attitude pour des
gens qui se prétendaient extraterrestres: plutôt que d'entrer en contacts avec
nos meilleurs savants, ils préféraient écrire à un petit groupe d'Espagnols,
crédules et dociles.
Antonio Ribéra n'en continua pas moins d'étudier le
dossier. Il publia en 1979 "UMMO, le langage extraterrestre" (4)
Pour faire plus "extraterrestre", les "ummites" prétendait qu'une
hypersensibilité du bout des doigt les obligeaient à en utiliser la jointure
pour appuyer sur les boutons. Ce n'était pas trop génant pour les boutons
d'ascenseurs, mais on se serait étonnés qu'ils tapent à la machine avec la
jointure de leurs doigts (j'ai essayé: une minute pour taper le phrase
précédente). Ils prétendaient donc faire taper leurs lettres par un
dactylographe largement rétribué pour cela.
Certaines lettres prétendent
d'ailleurs émaner de ce mystérieux dactylographe, qui aurait écrit de son propre
chef à propos de ses commanditaires. Il expliquait comment les "ummites" le
tenaient. Cela faisait un "témoignage" de plus quant à la réalité de ces
mystérieux "ummites". Un témoignage impressionnant
Un autre élémént qui plaisait pour cette réalité tout en attisant la curiosité, fut l'excitant jeu de cache-cache auquel se livrait les "ummites". Ils étaient passés par ici, repasseraient ils par là? Les ummites donnaient des renseignements sur leur localisation, mais pas trop. Ils réagissaient aux recherches des "ummologues", tout en leur disant qu'ils comprenaient leur légitime curiosité
Par deux fois, l'existence de l'implantation "ummite" fut révélée à la
presse.
Une première fois en aout1968 par Fernando Sesma:
"DES ÊTRES D'UNE AUTRE PLANÈTE VIVENT SUR LA TERRE AVEC DES FAUX
PAPIERS" titrait France-Soir du 8 aout 1968
(notons que de ce mois
commença une vague d'observations d'OVNI en Espagne)
Puis ce fut le père
Enrique Lopez Guerrero, qui précisa la chose le mois suivant: Les "ummites"
vivaient près de Madrid dans un refuge souterrain. Bien sur, il reçut une
lettre
"Nous ne désirons pas vous alarmer en exposant les
petits troubles que vos articles nous ont causés à la suite des premières
informations parues dans l'édition d'ABC diffusée à Séville, ni sur les
perturbations que la diffusion exagérée de votre témoignage peut encore
provoquer"
Rafael Farriols, nouvel "élu"
![]() Rafael Farriols |
|
![]() Le symbole d'Ummo remplace la
croix |
Rafael Farriols s'était impliqué à fond dans l'affaire Ummo, au point de
passer une bonne partie de ses journées à étudier les lettres et de faire
surmonter sa maison du symbole d'Ummo. Il construisit notamment un "orgue à
parfums" selon un plan donné par les "ummites".
Selon Javier Sierra dans son
article "Los secretos del caso UMMO", publié par la revue "Más Allá" (Au dela),
il aurait même créé deux entreprises affublé de noms "ummites": Ibozoo S.A et
Oemmi, S.A (ce que confirme Martine Castello)
En 1971, il organisa dans un motel de Barajas près de Madrid un symposium destiné à révéler la teneur du courrier ummite. Ce contenu fut en fait diffusé oralement, en une soixantaine d'heures de lecture, par un speaker de Radio-Barcelone, pendant que les images correspondantes étaient projetées sur un écran. Le public était constitué d'une quarantaine de personnes, dont les destinataires des lettres et ... José Luis Jordan Peña. Les autres ne connaissaient pratiquement rien du dossier Ummo. Un biologiste français, envoyé par le GEPA, constata l'absence quasi-totale d'esprit critique des participants sur lesquels Farriols semblait exercer un ascendant considérable.
Cet intérèt de Farriols fut "récompensé", et bientôt, c'est lui qui reçut directement le courrier ummite, à charge pour lui de le redistribuer en temps utile. Il n'hésitera pas à détruire certaines lettres sans les ouvrir quand les Ummites le lui ordonneront...
les récipiendaires de lettres, qui devenaient "dépendants" de leur drogue, organisèrent d'autre congrès dans le but de faire réagir leurs correspondants ummites. Un autre symposium fut organisé en mai 1973 à Barcelone. Un autre à Alicante en 1979 tourna un peu à la foire, mais les "ummites" réagirent quand même
Les ufologues cherchent
Le lieu mystérieux
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Dans les années 60, l'affaire Ummo était pratiquement inconnue du public
français. Seuls quelques ufologues étudiaient le dossier. L'intèrèt va croitre
progressivement, en particulier à cause du contenu étonnant des lettres.
Avec
le développement des groupes d'études ufologiques dans les années 70, vint le
progrès des investigations, et des vérifications. On réenquéta sur des cas des
années 50, en particulier la grande vague de 1954. Mais on s'intéressa aussi à
la face française de l'affaire Ummo. Les "ummites" prétendaient avoir débarqué
en France, près de La Javie, mais on ignorait où exactement. cette recherche,
qui avait l'allure d'une chasse au trésor donna des battements de coeur à
quelques ufologues. Ils ne trouvèrent pas. Et pourtant...
Pourtant l'existence du supposé point d'arrivée, comme de la rocambolesque histoire de cambriolage qui s'en suivit, étaient des faits vérifiables. Comme étaient vérifiables un certain nombre d'histoires, pourtant abracadabrantes, mais bien terrestres, dans les quelles les ummites prétendaient ètre impliqués. Comme étaient vérifiables l'existence de leurs différents correspondants espagnols, qui pouvaient ainsi se rendre compte que les autres correspondants cités existaient bel et bien. Ceci rendait crédible l'existence des nombreux et mystérieux correspondants, introuvables cette fois, que les ummites prétendaient avoir à travers le monde
Ummo n'existe pas
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Moins vérifiables étaient les assertions des ummites sur leur planète. Du
moins le croyaient ils...
...car leur ignorance en astronomie, déja visible
dans le récit de leur arrivée sur Terre, les empécha de se rendre compte de
l'incohérence et de l'absurdité de leur description. Or quelle crédibilité peut
on accorder à un extraterrestre qui ne connait pas la distance de sa planète, et
qui ne distingue une étoile double d'une étoile entourée de deux planètes? La
même qu'à un banquier qui ne connaitrait pas le cours du dollar...
Un scientifique s'en( )mèle
Antonio Ribéra avait fourni des copies des lettres "ummites" à Claude Poher. Celui ci en confia à Maurice V. qui les montra à Jean Pierre Petit qu'il avait rencontré en 1974. Très intéressé par l'aspect aéronautique, Jean-Pierre Petit chercha à se procurer d'autres documents. Il y trouva des idées géniales et des erreurs manifestes. D'autres avaient dit la même chose des documents bâaviens.
En tant que Physicien, Jean-Pierre Petit avait étudié la
Magnétohydrodynamique, qui permet de produire de l'électricité à partir d'un
fluide ionisé circulant dans un champ magnétique. Il était à même d'imaginer
d'inverser le processus pour provoquer l'écoulement du fluide, et par réaction,
la propulsion d'un aérodyne. En lisant que les engins ummites pouvaient se
propulser sans bang sonique par controle de la couche limite et de la "couche de
choc", il pensa à la MHD et tenta d'en faire l'expérience.
Gagné! Ses
expériences sur des maquettes de laboratoire le persuadèrent de la viabilité de
la propulsion à MHD. Mais alors les "ummites" auraient dit vrai. Mais alors la
cosmologie "ummite" qui permettait les voyages interstellaires devait ètre vraie
aussi!
Jean-Pierre Petit s'impliqua à fond dans cette recherche au point de
prétendre que 95 % de ses théories ont trouvé naissance ou confirmation dans le
courrier ummite, dont l'origine terrestre lui paraissait alors peu
probable.
Son intérèt pour la science des "ummites" leur fut bientôt connu.
il souhaitèrent sa présence lors d'un nouveau congrès
| ||||
|
C'est ainsi que le 20 novembre 1985, Jean Pierre Petit participa à la réunion de Madrid où il eut le loisr de discuter de la cosmologie "ummite" avec les récipiendaires des lettres. Il en fut assez conforté pour écrire trois articles dans les "Modern physic letters", une revue scientifique à comité de lecture, mais pas trop exigeante.(5)
Ses travaux ne lui attirèrent pourtant pas le respect de ses collègues, peu enclins à discuter de science "révélée". Pourtant, Jean Pierre Petit possédait une abondante documentation; elle décrivait la civilisation ummite, son langage, son système métrique, etc, etc.
Il s'orienta donc vers le grand public, et résuma ses connaissances du
dossier "ummite" dans un livre (6).
Essai transformé! Les revues à gros
tirages (mais pas pour gros QI) en firent un écho magistral. (7)
La
journaliste Martine Castello (qui savait ce qui se préparait) sortit
parallèlement son propre livre: "la conspiration des étoiles" (8). Le livre
d'Antonio Ribéra fut réédité.
Jean Pierre Petit faillit devenir "Mr Ummo",
car pendant plusieurs années, le dossier Ummo ne fut plus guère vu en France
qu'à travers ses travaux
... et ce qui devait arriver arriva: il aurait recu lui aussi des lettres "ummites", des convaincantes et des moins convaincantes, le contenu de certaines ressemblent tellement aux propres revendications de Jean-Pierre Petit qu'on a des doutes, d'autant qu'il n'a pas montré les originaux!
Les critiques dénoncent les "ummoristes"
Moins élogieux fut l'accueil des ufologues eux même, et des journalistes scientifiques qui acceptèrent de s'y intéresser. Pour les uns il allait beaucoup trop loin, en prenant l'affaire Ummo au premier degré. Pour les autres, il avait complètement quitté les rails de la Science.
On n'avait guère vu d'étude critique complète sur l'affaire Ummo, mais
seulement sur l'affaire de San José. Retour de balancier, après les affirmations
de Jean-Pierre Petit, quelques études vont faire exploser la thèse des
extraterrestres en petits morceaux:
Notamment le n° 47, spécial Ummo, de la
revue "OVNI Présence" (9), et le livre de Renaud Marhic, "L'affaire Ummo : les
extraterrestres qui venaient du froid" (10), ou l'auteur remplace les
extraterrestres par l'ex KGB
![]() "l'ummite" de S &
V |
Le revue "Science & Vie", après avoir envisagé de publier une critique du
livre de Jean-Pierre Petit, pondit un canular désopilant: Le démasquage d'un
"ummite" qui s'était infiltré dans la rédaction! Il avait l'odorat hypersensible
et s'était trahi en lisant avec les doigts...(11)
La revue reçut une
quarantaine de lettres de lecteurs. Deux semblaient y croire, huit demandaient
si l'histoire était vraie ou fausse, cinq penchaient plutôt pour le canular sans
certitude que ce ne puisse ètre vrai, un lecteur avait lui aussi démasqué un
"ummite"!
Le Dr Kronk Arkaabootz, blurgologue, cite "l'article des Prs Nose
et Abond, dans le numéro du 1er avril dernier du JOBARD (Journal of Obvious
Blurgology and Anatomy Research and Development)" pour évoquer les étranges
propriétés du Blurgonium, matériau de base des vaisseaux "ummites". Il ignorait,
semble-t-il que la structure électronique du blurgonium (69 1/2 électrons) n'a
rien avoir avec ses propriétés hypercélérogènes dues à la transformation d'un
nombre imaginaire de neutrons en antigravitons sous l'action d'un champ d'ondes
zygospasmodiques de haute fréquence, comme l'a démontré le Pr Charles Atan,
spécialiste incontesté des GAG (Geodynalic Anomalies of Gravity)
... et bien
sûr, il y a une lettre "ummite"...(12) 
Le mystérieux emblème "ummite"
l'emblème
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La mystérieuse "langue ummite"
On l'a déja vu, les "ummites" communiquent surtout avec les humains par lettres, mais ces lettres ne sont pas écrites en "ummite" (car elles seraient aussi hermétiques que le linéaire B des crétois), mais en espagnol, voire en français avec des hispanismes. Ca donnerait un peu "Ici Ummo, les espagnols parlent aux espagnols" si les lettres n'étaient émaillés de mots "ummites", du moins leur prononciation phonétique.leur "langue"
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C'est pourtant à une parodie de cette solution que se sont livré les
"ummites" depuis leurs premières lettres, ne donnant jamais que des mots
phonétisés, avec leur traduction, et quasiment jamais comme on pourrait s'y
attendre, à des phrases ulmmites complètes, à titre de citation. Nous pouvons en
conclure qu'en fait les prétendus "ummites" ne maitrisent pas la langue
"ummite", dont ils semblent ignorer la grammaire. Pour reprendre notre exemple,
c'est comme si notre farceur était en fait un français disposant d'un
dictionnaire de russe, et seulement du dictionnaire
Et dans le cas présent,
nous ne sommes même pas sûrs de l'existence de ce dictionnaire
Que vaut la science "ummite"?
leur science
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On dit que les textes "ummites" montreraient un savoir en avance sur le
nôtre. Plus exactement, la rumeur dit que des spécialistes - souvent non nommés
- ont trouvé que certain de ces textes étaient du plus haut niveau.
Certains,
car d'autres contiennent des erreurs lamentables.
Un examen critique des
textes disponibles laisse une impression très différente. Selon Claude Poher,
seulement 50% des affirmations ummites sont exactes, et les connaissances mises
en jeu sont du niveau des premières années de licence. D'après Jacques Vallée,
leur informatique est en retard sur la nôtre.
Quant à la nullité totale des
ummites en astronomie, elle laisse songeur: Comment des extra-terrestres
pourraient ils venir de si loin, serrés dans une boite à sardine, pilotée par
des ordinateurs préhistoriques, et sans rien connaitre à
l'astronomie?
Certes, ils nous avaient prévenus: ils ne nous donneraient
aucun renseignement qui puisse faire progresser notre propre science, ni même
qui puisse prouver absolument leur existence. Mais, ce faisant, ils étaient
censés abaisser leur savoir au niveau du notre, mals pas plus bas!
Autrement
dit, dans des domaines qui transcendent notre science, les informations fournies
seraient fausses ou invérifiables, dans les autres elles ne feraient que
s'accorder avec ce que nous savons déjà. Or elles ne s'accordent pas du tout,
loin de là...
Les "ummites" n'ont rien inventé
Plagiats
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Si les "ummites" sont si nuls en astronomie et en informatique, comment se
fait il qu'ils aient pu tromper des scientifiques? Comment peuvent ils avoir
l'air si savants en physique fondamentale, et en cosmologie? Parce que ces
"théories" sont spéculatives, et - du moins à l'époque de l'écriture des
lettres- invérifiables. Enrobez ces textes d'une" langue de bois du troisième
type" et vous obtiendrez une métascience très con-vaincante. Mais vulgarisées en
langage compréhensible, ces ésotériques représentations de l'univers, ces
technologies futuristes sont elles vraiment d'une originalité qui prouvent leur
caractère non terrestre?
Hé bien non! Il y a bel et bien des antériorités
bien terrestres. L'illusion vuent de ce qu'elles sont disséminés dans l'immense
savoir terrestre et qu'il faut une culture encyclopédique pour les détecter. A
l'analyse, plus on cherche, plus l'originalité du "savoir" ummite se rétrécit
comme une peau de chagrin, en sorte qu'une idée "ummite" qui parait originale,
c'est simplement une idée pour laquelle on n'a pas encore trouvée la source
La machine "ummite" se détraque
Dès 1978, des ufologues avaient envisagé de perturber la machine "ummite" en
faisant circuler de fausses lettres. De fait, on signale une fausse lettre qui
aurait été envoyée à Luis Jimenez d'Alicante dès 1979. D'autres apparaitront
dans les années 80, plus ou moins bien imitées. Mais aussi le symbole d'Ummo et
"l'ummicité" elle même vont ètre "récupérés", par des mystificateurs et des
illuminés, bref par des contactés.
Ainsi le symbole d'Ummo serait apparu sur
un OVNI vu en 1989 à Voronej, observation qu'une lettre "ummite" entérinera,
mais qui n'avait pas été annoncée
Ainsi la suissesse Viviane Poli se prétend
Ummite, alors qu'elle est (très) visible, et diffuse un enseignement qui n'a
rien à voir avec celui des "ummites"
Ainsi la secte Edelweiss gravait
l'emblème d'ummo au fer rouge sur les corps d’enfants
Bref, vers 1990, le
processus déclenché par les "ummites" était en train d'échapper complètement au
controle de ses concepteurs.
La goutte qui aurait fait déborder le vase fut
une lettre envoyée de Cuba et reçue le 2 avril 1993 par Rafael Farriols: elle
demandait une nouvelle réunion ou devait ètre présent, entre autres, José Luis
Jordan Peña. Il ne vint pas, étant - ou se prétendant malade - il envoya une
lettre à Farriols ou il expliquait sa mystification.
On imagine la réaction du chef d'entreprise espagnol Rafael Farriols! Il
exigea des explications. Sentant bien qu'il était allé trop loin, José Luis
Jordan Peña prit l'issue de secours classique en pareil cas. Selon Jean-Pierre
Petit, il répondit:
"- Ne te fâche pas comme ça ! Ce sont
les Ummites qui m'ont demandé d'agir ainsi !"
Mais le ver était dans
le fruit...
Le mystificateur se démasque
C'est lui!
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Depuis longtemps, on soupçonnait José Luis Jordan Peña, d'avoir fabriqué lui
même une partie du dossier UMMO. Mais quand on commençait à l'accuser d'ètre
l'auteur des lettres il se récriait ou éludait les questions
Il changea
progressivement de comportement dans les années 90. Il faut dire qu'il avait été
frappé d'une hémorragie cérébrale qui l'avait diminué, qu'il ne voulait
évidemment pas endosser les dérapages criminels des récupérateurs d'Ummo, et
peut ètre aussi craignait il pour sa propre santé mentale (?), toujours est il
qu'il se décida à révéler progressivement sa mystification dès 1993, et passa
définitivement "à table" en 1996
Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose
Epilogue
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Le problème c'est que ces fausses fausses lettres continuent d'ètre engrangées et analysées pieusement comme les vraies fausses parce qu'on pourrait appeler "les nouveaux ummologues".
Pire, ils se sont constitué en une nouvelle secte informelle qui rappelle
beaucoup celle des naïfs madrilènes.
Une nouvelle bible raffermit leur foi en
l'origine extraterrestre du courrier "ummite" et même du "nouvreau courrier": le
livre de Jean-Pollion, "Ummo, de vrais extraterrestres"
En savoir plus |
Pauvre José Luis Jordan Peña...
Sur sa tombe, peut-être faudra-t-il graver
(en ummite) "Je n'ai pas voulu cela"
Notes et références
(1) Sur Bâavi. voir:
- Robert Charroux. Le Livre des secrets trahis.
Robert Laffont. 1964, p 365.
- id., Le Livre des maîtres du monde, Robert
Laffont, 1967, p. 339.
- id., Le Livre du mystérieux inconnu, Robert Laffont,
1969, p. 391.
- id., Le Livre du passé mystérieux, Robert Laffont, 1973, p.
45.
- François Gardes, Chasseurs d'OVNI, Albin Michel, 1977, p. 34.
-
Dalila et Gérard Lemaire, Les OVNI de l'Apocalypse, t. III, Ed. des Archers,
1979 p. 36.
- Pierre Delval, Contacts du 4ème type, De Vecchi, 1979, p.
103.
(2) Fernando sesma, "Yo, confidente de los hombres del espacio", Gràficas Espejo, 1965
(3) Fernando sesma, "UMMO, otro planeta habitado", Gràficas Espejo, 1967
(4) Antonio Ribera, "El Misterio de Ummo" , Plaza & Janés,
Barcelone,1979
édition francaise: UMMO le langage extraterrestre, Editions du
Rocher, Monaco, 1984 et 1991
(5) Modern Physic Letters A, vol.3 n° 16 (1988) 1527-1532
vol. 3, n° 18
(1988) 1733-1744
vol. 4, n° 23 (1989) 2201-2210
(6) Jean-Pierre Petit, "Enquète sur des extra-terrestres qui sont déja parmi nous", Albin Michel aout 1991, 224 pages
(7) notamment VSD n° 731, 5 septembre 1991
Le nouveau Détective n° 472, 3
octobre 1991
Paris Match n° 2220, 12 décembre 1991
(8) Martine Castello - Philippe Chambon - Isabelle Blanc, "La conspiration des étoiles", Robert Laffont 1991, 192 pages
(9) OVNI présence, SPECIAL UMMO , n° 47, mai 1992, 40 pages
(10) Renaud Marhic, "L'affaire Ummo : les extraterrestres qui venaient du froid", Les Classiques du Mystère, 1993, ( extraits )
(11) Science & Vie n° 890, novembre 1991, p 60
(12) Science & Vie n° 893, février 1992, p 6
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